Hit & Run / Perpétuelle destruction

By Darnziak

Frapper et courir, on ne m’aura même pas vu venir, être toujours déjà reparti c’est l’idéal ici – depuis que j’ai lu le dernier Zinc le blogue s’est reconstitué comme problème – les raisons de poursuivre contre celles de tout saccager saborder le navire au plus vite sauter par dessus bord se noyer dans le fleuve mais – pendant que le problème déploie ses inconnues et ses résolutions possibles – ce lieu laissé désert – je sais bien que la seule façon d’écrire est en s’en foutant complètement – magnifique insouciance désinvolture envoyer tout promener – nous le premier – seulement ainsi peut se produire malgré nous une échappée – comme on dit « pardon je me suis échappé » – le magnifique « il n’aurait pas fallu dire cela » et il est trop tard à présent – tout ce qui laissera sans voix – fendre une ouverture pour nous surprendre nous-même, en embuscade, il faut se faire sursauter -
IL FAUT SE FAIRE PEUR
- et laisser tourner à plein régime la machine à produire du lapsus à répétition – oh que je vous aime vérités qu’il ne fait pas bon dire – si acérées qu’on ne perçoit pas la coupure comme si de rien était – on ne voit pas ce qui nous lacère nous ouvre en deux – trop rapide pour être perçu – un verbe tranchant comme le rasoir – personne ne s’aperçoit des blessures invisibles qui nous entaillent en passant par ici – encore moins celui qui écrit – lequel s’est perdu depuis longtemps s’est laissé partir comme on salue le train comme on se noie dans le bain -
être coupant est la seule solution
être affuté être glissant et surtout relever la tête
tout le monde regarde ses bottes
sur le chemin en descendant
Côte-des-neiges
mais moi je regarde les cimes
des arbres
la caféïne me désagrège
dans l’entrée danser comme saisi de spasmes
invoquer une belle épilepsie
feinte
et le chat nous regarde perplexe miaule
qu’il a faim
il s’en fiche bien
qu’est-ce qu’on vient faire ici
on ne le saura jamais.

* * *

Une fermeture incessante
un interminable
et
très lent
autodafé

Cette page est déjà fermée et se
fermera davantage
encore
comme l’oeil
la nuit
secoué en tout sens par des cauchemars
cachés derrière.

* * *

On se reniera davantage chaque jour
en détruisant ce qu’on avait érigé
jetter tout par terre
avalanche crue des eaux
tu n’en sais pas plus que moi
tout est emporté vers
une mer
que tu ne verras pas.

* * *

On ne peut même plus se situer

Au fond de l’eau impossible de savoir
dans quelle direction est
la surface.

* * *

Ton laboratoire ferme
ses portes alors
ouvre les cages
laisse les
spécimens
s’enfuir.