Archive for février 2012

Endommagé par l’ouverture

29 février 2012

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Le seigneur des oursins

27 février 2012

(Cliquez sur l’image pour une version agrandie)

Presque un visage

22 février 2012

L’homme-oursin est bien armé

21 février 2012

Ce qui remonte à la surface I : L’amitié

19 février 2012

Durant une période de transition, il est plus facile saisir sa vie dans les grandes lignes – au contraire des époques glaciaires de stagnation dans la routine, où tout devient opaque à force d’immobilité. Quand tout est cassé au moins les choses se déplacent.

Pour voir plus clair, je n’ai pas de travail d’introspection à faire. Nul besoin d’agent gouvernemental mandaté pour descendre dans l’escalier de l’inconscient. Je n’ai qu’à rester au bord et observer ce qui remonte à la surface. Les concepts échouent sur le rivage, il suffit de les ramasser.

De ma vie en février, j’ai recueilli trois idées.

Commençons par la première – les autres seront pour des textes ultérieurs.

1) L’amitié
« Tu vas devoir te retrouver », m’a-t-on dit, après ma rupture. « Tu devras te demander qui tu es en dehors de ta relation ». Sur le coup, j’étais surtout un gars qui ne savait pas cuisiner. Pour le reste, j’avais le sentiment de savoir qui j’étais – d’avoir identifié mes forces et faiblesses depuis longtemps. Retrouver quoi, au juste? La solitude? Je ne voyais pas autre chose.

Pourtant, on avait raison de me dire cela. Je suis effectivement en train de retrouver des aspects de moi négligés. Je n’ai pas eu à les chercher. « L’ancien moi » est revenu par lui-même. Plus rien ne le retiens. C’est comme retrouver en dessous de son lit un objet précieux qu’on a oublié d’avoir perdu. Je retrouve ce que j’étais, sur le rivage.

L’ancien moi qui ressurgit me dit clairement ce qui compte le plus pour lui. Il effectue un déplacement parmi mes valeurs. Il me dit ceci :

« Va voir tes amis. Va t’amuser. Va discuter avec eux. Parles-leur : sur facebook, par courriel, par téléphone, mais surtout, invite-les chez toi, ou sort les voir. »

Et je lui obéis.

* * *

En couple, tout cela s’était résorbé. Il est difficile de savoir pourquoi, et je ne veux blâmer personne d’autre que moi-même. C’est une forme de décision que j’ai prise, de manière obscure. J’ai décidé de laisser l’amitié s’étioler et disparaître de ma vie. Je n’en formais plus de nouvelles depuis des années. Je ne chercherai pas ici ce qui s’est passé exactement – ce serait de l’introspection, je ne veux pas creuser mais seulement attraper ce qui apparaît.

Une seule chose : en couple, le schéma standard d’une rencontre amicale est ceci : « organiser un souper avec un autre couple, une fin de semaine, avec quelques bouteilles de vin. » Cela implique le restaurant, ou de cuisiner toute la journée. Deux gars, deux filles, discussions autour d’une table. Je n’ai jamais trop aimé ce genre de truc. Nous n’étions pas à l’aise là-dedans, ni elle, ni moi. Pourtant, je ne me permettais plus grand chose d’autre. Oh, je voyais bien quelques gens de temps à autre, souvent dans des événements sociaux, des gens que j’appelais « des amis », mais cela restait épisodique. Je sentais que ce n’était pas cela, l’amitié. Il manquait quelque chose.

Je n’invitais personne chez moi. Je n’allais jamais prendre un café avec quiconque. Je n’allais chez personne. Personne ne m’appelait, je n’appelais personne. Je ne recevais plus de message facebook, je n’avais plus aucune correspondance par courriel. Je ne voyais que mes collègues au travail et ma blonde chez moi.

Mes seuls vrais amis étaient à Québec et je les voyais rarement. Pourtant, deux ou trois fois par année, je sentais qu’il était temps pour moi de partir seul, de prendre l’autobus interurbain, et d’aller les voir. Payer cher juste pour aller discuter avec des gens, que cela est improductif, non? Inutile? Inefficace?

De mon retour à Montréal en 2005 jusqu’à tout récemment, j’avais l’impression de ne pas avoir un seul ami véritable en ville.

* * *

Dans ma hiérarchie de valeurs enfantine, mes amis étaient pourtant au centre. J’avais toujours au moins une amitié en cours, quelque part en suspens au dessus de ma tête. Une amitié à poursuivre, à faire. Une amitié comme une histoire qui se déroule, qu’il faut continuer, dont on veut connaître le prochain épisode. Quelque chose d’inachevé. Quelque chose de vivant, qui a besoin de moi. Une sorte de lien, de correspondance, une continuité. Se sentir relié à distance. C’est constamment avoir envie de voir ses amis, c’est être toujours en train de planifier de nouvelles rencontres – une soif, une urgence. C’est créer sans arrêt des occasions, ou saisir toutes celles qu’on nous présente. C’est l’idée qu’il va de soi – autant chez moi que chez l’autre – que ça nous tente de nous voir, qu’il faut se voir, dès qu’on peut. Presque une forme d’obligation morale. Ne pas oublier cela, ne pas le négliger, le placer en priorité. Des rencontres avec une tonalité toute différente : ce ne sera pas une occasion unique, c’est la suite de celle qui précède, cela se poursuivra. L’amitié peut se poursuivre toute une vie.

Tout cela était disparu. La première belle nouveauté, dans ma vie en 2012, c’est le retour de l’amitié de ce type – identique à celles de mon enfance et adolescence. L’amitié d’avant le couple, son véritable concept. Son retour à sa place, au sommet de ma hiérarchie de valeurs personnelles. L’ancien moi me dit : c’est plus important que le travail (que pourtant j’adore), plus important que la philosophie et l’art (qui pourtant me passionnent). Certainement plus important que mes conditions matérielles de vie, ma sécurité financière, l’instinct de conservation. Je suis d’accord avec cette idée remontée de loin. Voilà ce qui me convient. Voilà comment ma vie doit être organisée pour que j’y sois à l’aise, pour ne pas vivre dans l’incessant manque ou l’impression tenace d’oublier de faire quelque chose de très important. L’amitié est la plus belle source d’intensité dans ma vie en ce moment – la plus belle possible, je crois.

Comment l’amitié est-elle réapparue? Pourquoi subitement ai-je des tas d’amis qui ont envie de me voir, que j’ai envie de voir? Difficile à dire. Quelques pistes : je me sens plus ouvert que durant la période précédente. Je n’ai rien à cacher, ni rien à conserver pour une personne unique. On peut être trop fidèle, lorsqu’on est en couple : se réserver entièrement pour une personne, ne plus se partager avec les autres, se refermer sur un cocon étanche, bien au chaud. Mais quand la communication se bloque dans le couple, quand on ne peut plus se confier à sa blonde, quand on est incapable de parler contre elle à l’extérieur parce qu’on l’aime… alors ce qui est le plus central, le plus intime, reste paralysé à l’intérieur, on ne peut plus rien dire à personne, on fige. On bloque. Je ne pouvais même plus me parler à moi-même dans mon propre journal. Je vivais dans le non-dit, au point d’arriver à me cacher des choses complètement – à vivre dans le déni. Étrange situation pour quelqu’un qui a passé des années à trop ressentir l’impact du monde sur sa conscience – voilà que des pans entiers, trop souffrants, tombaient dans l’obscurité. Je ne voulais pas y penser, je n’arrivais même pas à y penser. L’amitié ne peut pas prendre sa place, là-dedans. Comment être ami avec quelqu’un, si on est si fermé, replié sur soi à ce point?

Maintenant toutes barrières ont éclaté et je suis ouvert. Je peux raconter tout – souffrances comme joies, passé comme présent. Mais plutôt que de faire de moi quelqu’un de négatif, au contraire la chaleur revient, l’humour revient, la joie revient. J’ai perdu en chemin presque toute ma colère, je n’ai presque plus de frustration. Il m’en reste des traces ténues qui s’évaporent tranquillement. J’ai encore des attaques de tristesse, mais je ne suis plus crispé, compact, coincé. Je laisse passer les courants d’air. Peut-être qu’on le sens : je suis disponible, je suis capable d’être présent dans la vie de quelqu’un d’autre, rien ne me retiens ailleurs, je suis capable d’être.

On dirait que certains n’attendaient que ça pour avoir envie d’être mon ami.

* * *

Je suis particulièrement heureux du retour dans ma vie d’une activité disparue depuis mon adolescence : jouer à des jeux vidéos avec des amis. J’ai en ce moment, en cours, trois parties dans trois jeux avec trois amis différents : New Super Mario Bros. Wii, Super Mario World, Megaman 9.

Après une première soirée de jeux avec un ami dans mon appartement nouvellement vide, après avoir passé la soirée à éclater de rire après des morts à répétition à New Super Mario Bros. Wii, après avoir lancés des cris de triomphe à chaque réussite, lancé des blasphèmes effroyables et les lancé les manettes sur le divan, je me suis dit, profondément étonné, les larmes aux yeux comme enfant : « Mais pourquoi me suis-je privé de ce plaisir si intense pendant de si nombreuses années? Pourquoi avoir permis que le fonne disparaisse de ma vie? Parce qu’un adulte doit travailler et s’occuper de choses sérieuses? Parce que le jeu est improductif, une perte de temps? Je n’ai jamais cru cela pourtant. » C’était comme un noël d’enfance, un épisode de pure joie intense.

Durant la période précédente, je jouais aux jeux vidéos clandestinement. Je jouais sur des consoles portatives, les écouteurs dans les oreilles, presque en cachette, sans en parler à personne. Je jouais seul.

Mais le vrai jeu, c’est avec un ami – sur le divan à gueuler comme des maniaques après la télé.

* * *

Les amitiés adultes sont bien plus riches que celles de l’enfance et de l’adolescence. Elles ont lieu à de multiples niveaux de profondeur. Il y a les conversations sur le travail, les projets artistiques, la philosophie, la musique, la vie amoureuse, il y a les correspondances par internet, les sorties. Il y a aussi les jeux vidéos. Les souper de couple autour d’une bouteille de vin m’emmerdent. Allons marcher, prendre un café, jasons toute la nuit assis sur le lit, racontons-nous nos vies dans le détail deux trois fois, jouons à Super Mario World. Disons tout et faisons tout.

* * *

Les amis nous acceptent comme nous sommes parce qu’ils n’ont pas besoin de supporter nos mauvais côtés – nous ne pouvons leur nuire. Les amis ne peuvent pas me reprocher ma négligence, ma procrastination, ma mauvaise humeur le matin. Pour nos amis, nous réservons ce que nous avons de meilleur en nous.

En bonus : avec des amis, tu obtiens d’autres amis. Le cercle s’élargit.

* * *

Je rencontrerai une autre femme, éventuellement. Je vivrai à nouveau en couple. Mais la leçon que cette période de ma vie m’offre, c’est de ne plus jamais négliger l’amitié. Ne plus jamais la laisser disparaître de ma vie.

* * *

Si je sens enfin que ma vie prend un autre tournant, qu’elle s’oriente à présent vers le haut,  comme une plante qui se déplie en cherchant la lumière, c’est grâce à vous. Votre amitié me rempli d’enthousiasme, me comble, je me sens accepté, aimé et vivant. Je vis seul, mais je me sens moins seul qu’à bien d’autres périodes de ma vie – je sens que vous êtes là, pas trop loin, et qu’on se reverra bientôt.

À mes amis, anciens, nouveaux, futurs : merci.

Qui est la victime? / Qui est le coupable?

15 février 2012

La plus belle fille de la classe

12 février 2012

Juste à temps pour la St-Valentin, une autre histoire d’échec amoureux : La plus belle fille de la classe.

C’est mon deuxième texte de Trash Geek Love pour Terreur! Terreur! Mon projet : en faire une série, me rendre au moins jusqu’à cinq. J’ai encore quelques vieilles histoires à revisiter. Je me lance dans la récupération : ce texte intègre des fragments de journal et de ma première tentative de roman (inédit, refusé partout) datant de 2003.

* * *

Autre projet artistique à venir : je me suis inscrit à l’atelier de bande-dessinée de Jimmy Beaulieu. Je vais faire de la BD à nouveau.

* * *

Il resterait à reprendre ma guitare et enregistrer le prochain album de Northwood Ice Pentagrams : Forever Alone in Rosemont.

Stay tuned for more Darnziak.

Mascotte / Exosquelette

10 février 2012