Notes d’un printemps froid

Je fais souvent des siestes pendant lesquelles je disparais tout un après-midi et je me réveille sans savoir si on est le jour la nuit ou dans quelle partie de ma vie je suis supposé me retrouver. La lumière ne veut rien dire il fait clair en pleine nuit quand tu n’as pas de rideaux et je n’en veux pas. Perte de temps de décorer, j’habite ma tête. C’est sobre là-dedans. Chez moi je suis entouré de poussière et de cris de chats que je ne ramasse jamais. J’enlève mes bottes à l’entrée, j’enlève mes yeux à l’entrée. La pile de livres augmente à mesure que j’en lis, bientôt je pourrai les escalader jusqu’à la trappe dans le plafond qui donne sur ma prochaine vie. Mon chandail de Twilight Sad est devenu trop petit et celui de Mogwai est devenu trop slaque. Ma tête rapetisse au lavage elle aussi et mon coeur est trop slaque lui aussi. Tout est couvert de poils blancs. Je dois souvent m’enfuir des désirs insomniaques de mon chat. Je tombe en amour chaque fois que je prend le métro. La beauté m’arrache la tête et cause des interruptions de service à l’heure de pointe. Sur la ligne orange on ne peut jamais s’asseoir il faut endurer l’ennui écrasant debout et le bruit blanc. Il y a des moteurs partout on ne peut y échapper. Plusieurs fois par semaine je marche sur St-Denis de la rue St-Catherine jusqu’à chez moi au-dessus de Faillon propulsé par la musique parce que je suis incapable de silence. Elle me disait qu’enfant j’étais très sérieux je ne souriais jamais c’était impossible de me faire rire et sûrement que j’ai le même air sur le visage en fendant la ville en deux. J’ai une veine qui me jaillit dans le front et elle ne veut pas retourner se coucher. Je vais lire écrire corriger dans des cafés anonymes impersonnels de grandes chaînes pas du tout sympathiques où on me fiche la paix et où je peux zieuter de jolies filles en spinnant tranquille dans ma tête noircie. Ma tête est une bouilloire. Je commande toujours le même ossetie de café filtre moyen corsé sans rien dedans. Je suis fatigué de ma fatigue et le nom de mon quartier ne me dit plus rien. J’échappe des virgules partout mes poches sont trouées dans tous mes jeans sans exception. C’est le printemps le vent est trop froid et j’exige un remboursement mais je ne sais pas à qui m’adresser. Les bureaux sont fermés. Vente de faillite dépanneur 50%. Bien sûr je me sens très libre sauf quand je prend un taxi après trois heures du matin. Il y a sûrement quelque chose de chaud qui nous attend dans les arbres en attendant que je réussisse à fermer mes fenêtres coincées. J’accueille le retour des avions et je t’annonce une bonne nouvelle : j’ai complètement oublié ton visage.

Une Réponse to “Notes d’un printemps froid”

  1. Anonyme Says:

    il m’est étrange de vous lire alors que vous m’avez enseigné. je compte revenir et lire d’anciens biais pour vous épier davantage.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :