Meat Fail

meat

Quand je suis paresseux, je bouffe des pointes de pizza au Pizza Doré, sous la station Berri UQÀM. Cette fois-ci le dude au comptoir est très concentré sur sa conversation en arabe avec l’autre dude quand il prend ma commande. Il me regarde à peine. Je demande « deux fromages ». Il me fait payer tout en continuant sa conversation, puis met une seule pointe dans l’assiette. Je dis « j’en ai demandé deux ». C’est un effort pour moi de demander ça. Il m’en donne une deuxième et me la fait payer encore, sans jamais arrêter de jaser et sans jamais me regarder. Je m’en vais enfourner ça aux tables dans les affreux corridors gris de Berri UQÀM, quand je vois une grosse tranche de pepperoni jaillir d’en dessous du fromage caoutchouteux de ma pizza. Fuck. De la viande. Je ne mange pas de viande. Qu’est-ce que je fais? J’enlève les tranches que je vois, mais j’ai trop faim, je prend une bouchée. Fuck. Je mâche de la viande. J’en avale un bout par accident, recrache le reste dans l’assiette. Qu’est-ce que je fais? Je vais me plaindre? Exiger qu’il me donne d’autres pointes? Tout le monde aurait fait ça, hein? Le client est roi, hein? Personne aime gaspiller son fric, hein? Non. Je suis dans un mood d’hyper introversion misantropique, un mood sauvage qui me donne envie de ne rien liker sur facebook de la journée, de me sauver de chez moi et marcher le visage fermé en écoutant du Slayer, de faire semblant de pas reconnaître des gens que je connais si jamais j’en croise, de me blottir dans un recoin de la bibli nationale à lire tout l’après-midi, un mood de laissez-moi tranquille j’essaie de retrouver mon esprit intact comme en Norvège. Demander deux pointes au lieu d’une a déjà épuisé ma volonté. La pizza pleine de viande grouille dans mon assiette. Alors je me dis : fuck it, je m’en vais, je me ferai à manger chez moi. Je jette la pizza? Je trouve que c’est du gaspillage, alors je la laisse là. Sur la table. Allez la bouffer si vous voulez, elle est peut-être encore là (enlevez le boutte que j’ai recraché si ça vous écœure.) Je prend le métro et je trouve particulièrement dégueulasse le grumeau de chair animale qui ne veut pas se déprendre d’entre mes dents. Le premier morceau de cochon à entrer dans mon corps depuis 2005. Je remercie le dude distrait qui m’a servi, je vais enfin perdre ma mauvaise habitude du Pizza Doré à Berri-UQAM où je me dis à chaque fois que j’y vais depuis 1999 que c’est quand même affreux de toujours rouler dans les mêmes ornières. Je n’y retournerai plus jamais, j’en fait le serment public. C’était un meat fail, une aventure d’un végétarien asocial de mauvaise humeur, bonne soirée.

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3 Réponses to “Meat Fail”

  1. Bock Says:

    Bah. C’était même pas du cochon.

  2. Darnziak Says:

    Je me posais la question. C’est quoi, du pepperoni? Ça ne m’avait pas manqué, en tout cas.

  3. Bock Says:

    Une raclure quelconque d’usine animale, avec beaucoup d’épices.

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