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Zen et l’art du bruxisme (Notes de fin d’automne)

4 décembre 2013

Sourire

Ma fatigue ressemble à un enlèvement extraterrestre.

Je progresse dans ma collection de blackouts.

Ma grand-mère laissait la radio allumée pour avoir de la compagnie.

Je passe d’une pièce à l’autre. Je lis quelques paragraphes, laisse tomber le livre sur le divan. Je veux un wagon de métro dans mon salon. Dans le métro, ce qui m’entoure m’indiffère à un point tel que tout est anéanti sauf le livre entre mes mains. Je veux vivre avec ma bibliothèque dans les souterrains de Montréal. Je pourrais lire jusqu’à la fin des temps.

4 novembre : 18 likes.
5 novembre : 12 likes.
5 novembre : 14 likes.
10 novembre : 15 likes.
16 novembre : 11 likes.
18 novembre : 10 likes.
19 novembre : 16 likes.
20 novembre : 11 likes.
22 novembre : 17 likes.
24 novembre : 13 likes.
29 novembre : 12 likes.

Garder sa réputation de geek même si on ne joue à aucun jeu vidéo de l’année.

Crise intense de narcissisme. Ne plus cesser de se trouver beau dans le miroir. Mais surtout ne pas sourire, on ne peut pas se repasser le visage comme une chemise. Grand pli. Fissure. Canyon. Vieillir.

Ma mère laisse la télé allumée pour avoir une présence.

On est en train
de me démonter brique par brique
des morceaux
des pans de murs entiers
s’en vont

je les sens partir.

Facebook me fait souffrir, deux fois je prend des vacances, mais bien sûr les interfaces sont neutres, la trappe à souris est neutre, Mark Zuckerberg n’a pas de système de valeur, ce n’est que coïncidence, casino, mort aux rats.

Cockblock omerta.

#antihashtag.

Souvent
je préfèrerais
que tu likes.

Une épouse russe livrée par drone
te coupe l’électricité
les chats pullulent dans tes wet dreams
et tu attends les dernières gouttes
de fonne
comme la buée dans les fenêtres

moi aussi
je fais chambre à part
avec ma future
à onze milliards d’années lumières

sans jamais avoir le mauvais goût de se plaindre
la nuit nous sort par les oreilles à
force de repasser sur le fil
on peut le réciter par cœur

tout ce que tu aimes
sur l’écran de mon ordinateur.

* * *

T’as une grosse tête. T’es peigné comme un petit garçon. Ta chemise est pareille à celles du Steinberg. T’as des beaux bras, pas une once de graisse dessus. T’es comme Henry Miller. T’es pas dépressif. Tes yeux ont rapetissé. T’es cut. T’as l’air de Jean-Paul Sartre. T’es encore dans la caverne.

J’ai envie
de suspendre mes statuts comme
des panaches d’orignaux
et de fermer boutique.

J’ai lu des textes très littéralement.
-Jean-PhilippeBot

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